Le bonheur est un piège marketing

Le bonheur est un piège marketing

Les êtres humains ont une drôle d’idée de ce qu’est le bonheur.

Peut-être est-ce caractéristique de notre époque effrénée et confuse, où l’on tente sans relâche de nous vendre du rêve? Permettez-moi d’en douter. Je crois qu’il est dans la nature humaine de préférer vivre dans une illusion réconfortante plutôt que de faire face à la grande banalité et dureté de l’existence.

Un peu comme Dieu, le bonheur n’est à mon avis qu’un concept rassurant auquel nous nous accrochons pour nous convaincre que la traversée du désert en vaudra le coup, que les mauvais jours appartiendront bien vite au passé. Nous sommes persuadés qu’une fois cette nouvelle voiture ou cette nouvelle paire de chaussures acquise, une fois les pieds dans le sable du Mexique, une fois que nous aurons perdu les kilos en trop, une fois que nous aurons mieux performé à l’école, au travail ou dans les sports, enfin, nous serons « heureux ».

Mais il n’existe rien de tel qu’un état de plénitude statique et permanent. L’histoire d’amour avec votre Lexus fraîchement sortie de l’usine ne sera qu’un flirt de vacances et vous ne serez jamais, chaque jour de votre vie, pleinement satisfaits de vous-mêmes.

Le hic, c’est qu’il est difficile de vivre son insatisfaction et son manque de confiance en toute tranquillité, car les entreprises nous guettent avidement, n’attendant qu’une seule chose : que nous nous prenions les pieds dans leurs pièges marketing parfois maladroits, mais le plus souvent (malheureusement pour nous) fort habiles.

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Vendeurs de rêves et de leurres.

Se révolter : une arme nécessaire

J’ai grandi, moi aussi, en pensant que si j’utilisais du Pantene Pro V, je ressemblerais au mannequin de la publicité. Que si j’avais la peau parfaite de Cindy Crawford et les yeux de biche de Christy Turlington, j’allais, de toute évidence, attirer les hommes. Je me suis sentie inadéquate dans ma vie « ordinaire » devant le bonheur théâtral de ces prétendus couples à l’amour et à la jeunesse indestructibles, devenus l’icône des plus fastueux parfums. Et j’ai consommé pour masquer mon inadéquation.

Jusqu’à ce que j’en aie marre (marre!) de cet acharnement sauvage à me rappeler que je ne serai jamais à la hauteur. Jusqu’à ce que je n’en puisse plus que l’on me dicte comment me vêtir, comment sourire et à quoi aspirer pour devenir une vraie personne. Ce jour-là, j’ai cessé de regarder la télévision et de feuilleter les magazines. Pour de bon!

J’avais enfin saisi l’ampleur de la toxicité des médias et entrevu leurs effets dévastateurs sur mon estime personnelle.

Conclusion

Le bonheur comme nous l’entendons est un carrousel de rêves brisés. Il ne tient qu’à un mince fil, prêt à se rompre à tout moment. Mais son illusion nous attire comme un appât séduisant, car personne ne nous a préparés à cette vie d’incertitudes et de perpétuels recommencements.

Vous croyez posséder la recette du bonheur? C’est sûrement que vous avez quelque chose à vendre…

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