Redoutable

  La mer décharge son mouvement sur mon trouble millénaire broyant de ses mains lourdes mes victoires incertaines m’effaçant dans un brouillard liquide redoutable

femme-indigene-bresil

Indigène

Mille courbes dans l’espace ont le goût salé de mon enfance le zeste des pluies les ramène en porte-bonheurs sur ma peau je suis indigène octobre remue en moi la terre fugace des premiers pas ce refuge muré d’opales où tes mains attendent de me voir naître sous l’écorchure des lilas imprégnés dans ma vie…

aernout-overbeeke

Poème de janvier

L’enfant prend fuite méridien planté dans l’hiver nos abîmes recouverts ta brûlure sur mon front je ne sais plus très bien nous y voilà à l’heure où rien ne règne dix fois plus grands

Aernout-Overbeeke-09

L’étoile la plus fade

En mes douceurs insoupçonnées ma saison morte entrouverte j’accueille des passants, des nomades doux parfumeurs désenchantés je ne suis entre tous qu’une escale une vieille gare abandonnée Je suis l’étoile la plus fade celle qui survit les doigts sans bagues le vague à l’âme, l’amour vague je cueille la nuit des bouts d’été le coeur…

Sans-titre-philippe-bat-1976

Mon bout du monde

Doux pays du bout des songes ma belle saison qui vole la mer tête première je te plonge dans mes silences d’ambre clair Devenir plus que je ne suis îlot tranquille, flotteur transit trouver en cette terre mon souffle chercheur d’étoiles que la nuit souffre Tracer sur la grève familière de mes éclaboussures d’amour tout…

Auschwitz-Birkenau

L’inconfort de la mort

Le mot se fracassa contre mon crâne trouva chemin dans l’oreille et se réfugia près du cœur pour le serrer comme un mauvais souvenir peur peur de regarder la mort qu’elle m’aspire qu’elle m’entoure qu’elle me fige peur peur de ta mort qu’elle m’enlève à toi et m’asphyxie Mon existence chargée sur mon dos je…

tuerie-polytechnique-1989

Quatorze d’elles

Il a retiré une à une les étoiles d’elles forant au plus secret de l’ardoise là où l’instinct du temps intact soulève l’arabesque des corps J’ai le vertige de toi mon amour le vertige de ton amour qui me porte comme un fruit non loin mes soeurs s’allongent une à une sous le faix sanglées…