Guernica, Pablo Picasso (1937)

Désordres

Comment trouver la paix quand même ton corps s’étrangle dans ces paysages de sécheresse nucléaire je ne suis plus tranquille offre-moi l’apesanteur des glaciers le craquement du silence dans sa pureté antarctique préserve-moi de cette désolation homogène de la souillure que laissent sur la peau nos mers de bitume dis-moi que la terre voudra encore…

breath-tomohide-ikeya

Plongée sans retour

Le rythme d’une épave sur les flots et je suis là-bas contre cette eau qui me regarde lovée glissée dans son ventre scellée dans la mémoire des gestes appelée à naître je prolonge l’apesanteur du sein retirée des angles de la surface soudain l’air contenu des anciens m’oxygène et je me laisse porter par des…

Breathe/Emptiness by MustValge

Je suis

Endormie recouverte de ta nuit polaire à couper le souffle je ne suis plus qu’une main ouverte sur les âges un élan d’oubli trouée déportée de ma vie fugitive sur ta peau dépouillée ma chair écarlate je cède en un cri rugissante de certitudes anciennes ton amour s’expulse de mon corps me lacérant de son…

L-origine-des-ombres

Parmi les ombres

Je joue avec les ombres elles mangent la surface des lumières éteintes deux inconnus s’avancent me réconcilient avec les cloisons démembrées du sol où je m’enfonce j’espère le désordre dans l’exagération des corps déversée en mes envers je suis vivante parmi les morts

Leaning Into The Wind

Maintenant, l’amour

Tes veines contre ma peau d’impatience le souffle décousu d’une nuit trop courte douter savoir enfin et le cri du corbeau perché sur l’épaule de la montagne un silence fauve de fantasmes maigres et rompus tu laisses mon cœur à manger aux oiseaux

hartwig-kopp-delaney

Déserte

Ne me laissez pas seule contre l’effluve des glaces qui s’amalgame au silence dites-moi que j’existe ma fureur reposée des humiliations de l’exil

La-femme-est-l-oiseau

L’instant d’après

Sans savoir l’heure qu’il est sans savoir qu’il est trop tard qu’au bout d’elle-même tout s’arrête que sans cesse tout s’éteint son cœur au-devant fermant le pas à l’instant d’après Elle a tout d’un oiseau

Redoutable

  La mer décharge son mouvement sur mon trouble millénaire broyant de ses mains lourdes mes victoires incertaines m’effaçant dans un brouillard liquide redoutable