Penser comme une montagne

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Aujourd’hui j’ai décidé d’être lourde. Indigeste. Pesante. J’ai décidé de perturber votre petite paix quotidienne, parce qu’il y a bien plus important que le dernier Superman. Parce qu’en Islande, à Hvalfjordur, une entreprise s’entête à chasser la baleine, à éventrer une centaine de rorquals communs par année (le deuxième plus gros animal vivant sur Terre, après la baleine bleue) pour vendre leur chair à prix d’or sur le marché japonais.

Et j’en ai marre. Marre, marre, marre. Marre que l’être humain se serve dans la nature comme dans un buffet, faisant fi du mal infligé et de l’équilibre naturel rompu. Marre qu’on se prenne pour les Rois de la montagne.

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Je suis tombée cette semaine sur le fort joli documentaire Le monde selon Tippi, qui suit pas à pas une jeune fille de 6 ans intrépide et maniaque des animaux vivant en Namibie avec ses parents photographes. Nous y faisons entre autre connaissance avec la tribu des Bochimans ou Bushmen, plus anciens habitants de l’Afrique australe (pour ceux qui se souviennent du film Les Dieux sont tombés sur la tête, il s’agissait des membres d’une tribu Bushmen qui se disputaient une vulgaire bouteille de Coca-Cola, « cadeau des Dieux »).

Là où je veux en venir? Cette gentille peuplade de chasseurs-cueilleurs (mais principalement cueilleurs) se place elle-même très bas dans l’échelle de l’évolution, considérant la hyène, le chimpanzé, le lion, etc., plus importants que l’homme au sein de la nature. L’humanité a beaucoup à apprendre de Tippi et des Bushmen.

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Tout comme les peuples Amérindiens, les Bushmen communient avec la nature, sachant qu’ils en sont issus et que la détruire signifierait s’annihiler eux-mêmes. À quel moment de l’Histoire avons-nous oublié ce principe fondamental de l’existence?

Le grand peintre canadien et défenseur de l’environnement Robert Bateman verbalise avec sobriété et sagesse que pour améliorer notre sort et léguer à nos enfants et petits-enfants une planète propre et durable, il faille « penser comme une montagne » :

There is a place in the Alps that thinks like a mountain. (…) Towns, villages and countryside share an attitude that could be summed up in a single word, respect – respect for the land, for nature, for grand-parents, for grand-children, for the past and the future. (…) Are these revolutionary ideas? Are the inhabitants of this valley living in the past or pointing the way to the future? For me, their way of living offers reason for hope. (…) If we begin to think like a mountain, we will keep all that is truly valuable in this world and pass these treasures on to succeeding generations.

Ce qui est certain, c’est que les éventreurs de baleines d’Hvalfjordur ne pensent pas comme une montagne. Et qu’ils privent nos enfants et petits-enfants, chaque fois qu’ils harponnent un rorqual, des trésors de ce monde.

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2 réflexions sur “Penser comme une montagne

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